La Bibliothèque d’Alexandrie a brûlé… mais sommes-nous en train de faire pire ?
Quand on parle de la Bibliothèque d’Alexandrie, on imagine souvent un immense bâtiment rempli de rouleaux anciens.
Mais on oublie ce qu’elle représentait réellement.
C’était probablement le plus grand centre de savoir de son époque.
Des milliers de manuscrits.
Des philosophes.
Des scientifiques.
Des historiens.
Le monde entier y envoyait ses connaissances.
Sa disparition est devenue l’un des plus grands symboles de la perte du savoir dans l’histoire de l’humanité.
Et pourtant…
Je me demande parfois si nous ne sommes pas en train de reproduire la même erreur.
Pas avec le feu.
Avec l’indifférence.
J’ai grandi au Cameroun.
Et je me suis souvent demandé combien d’enfants avaient déjà mis les pieds dans une bibliothèque.
Pour beaucoup, une bibliothèque est un lieu dont ils entendent parler dans les films ou à l’école, sans jamais y entrer.
Mais le plus surprenant est peut-être ailleurs.
En arrivant en France, j’ai découvert des bibliothèques magnifiques.
Immenses.
Gratuites.
Calmes.
Remplies de livres, de journaux, d’ordinateurs, d’espaces de travail.
Et malgré tout…
Beaucoup de personnes n’y mettent jamais les pieds.
Comme si nous étions entourés de connaissances auxquelles nous avions cessé de nous intéresser.
Je crois que la plus grande richesse que nous puissions transmettre à nos enfants n’est pas seulement un héritage financier.
C’est la curiosité.
Le goût d’apprendre.
Le réflexe d’aller chercher une réponse dans un livre avant de la chercher dans une vidéo de trente secondes.
Parce qu’un enfant qui apprend à fréquenter une bibliothèque apprend bien plus que la lecture.
Il apprend que le savoir se cherche.
Qu’il demande du temps.
Qu’il mérite des efforts.
Je rêve du jour où emmener son enfant à la bibliothèque deviendra aussi naturel que l’emmener au parc ou au centre commercial.
Parce qu’une civilisation ne disparaît pas seulement lorsque ses bibliothèques brûlent.
Elle commence aussi à disparaître lorsque plus personne n’a envie d’y entrer.
Georges DEFO