Le principe de l’auto sabotage

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Le principe de l’auto sabotage

Aujourd’hui, je suis un peu triste.

Mercredi dernier, en rentrant chez moi, j’ai oublié mon exemplaire des Valkyries de Paulo Coelho dans le panier du vélo de location que j’utilisais.

Je m’en suis rendu compte quelques heures plus tard.

Trop tard.

Je n’avais lu qu’une trentaine de pages.

À peine le temps de comprendre où l’auteur voulait m’emmener.

Dès les premières pages, Paulo Coelho ouvre pourtant son livre avec un poème d’Oscar Wilde qui m’a immédiatement marqué :

« Et tous les hommes tuent ce qu’ils aiment.
Que chacun l’entende.
Les uns le font d’un regard amer,
Les autres d’une parole flatteuse.
Le lâche le fait avec un baiser,
Le brave avec une épée. »

En refermant le livre… enfin, en le perdant, je me suis surpris à sourire.

Quel drôle de hasard.

Un livre qui parle de la manière dont nous détruisons ce que nous aimons… que je finis par abandonner moi-même dans un panier de vélo. Cette image ne m’a plus quitté.

Pourquoi arrive-t-il que nous soyons parfois notre propre pire ennemi ?

Pourquoi repoussons-nous ce projet qui nous tient pourtant à cœur ?

Pourquoi sabotons-nous une relation qui nous rend heureux ?

Pourquoi abandonnons-nous un rêve au moment où il commence enfin à devenir possible ?

L’autosabotage ne ressemble pas toujours à une grande catastrophe.

Il prend souvent des formes beaucoup plus discrètes.

On procrastine. On trouve une excuse. On se persuade que ce n’est pas le bon moment. On attend d’être « prêt ».

Et pendant ce temps, nos ambitions s’éteignent lentement, non pas parce que quelqu’un nous en a empêchés, mais parce que nous leur avons retiré, petit à petit, l’attention qu’elles demandaient.

Parfois, c’est plus vicieux et triste que ça. On a des sentiments pour une personne, mais la peur de la perdre nous fait nous comporter de la mauvaise façon et finit par faire arriver ce dont nous avions peur.

Parfois, sous l’effet de la pression, on essaie de se protéger en se renfermant sur soi, mais finalement une fois la tempête passée, on se rend compte que nos proches sont partis, car marqués par notre absence.

Je ne sais pas si Oscar Wilde avait raison en écrivant que nous tuons tous ce que nous aimons. Mais je crois qu’il avait compris une chose essentielle.

Nos plus grands obstacles ne viennent pas toujours des autres. Parfois, ils viennent de cette petite voix qui nous pousse à renoncer juste avant d’arriver.

Encore une fois, je n’ai pas la réponse à cette problématique, mais je veux surtout avoir ton avis sur le sujet. Je suis assez d’accord avec le poète. Je suis un habitué de ces mécanismes d’auto sabotage. Et toi?

Georges DEFO, le 02-08-2026 à Lyon