Marc Aurele et l’art de devenir meilleur sans être vu
Il y a près de 2 000 ans, Marc Aurèle, l’homme qui dirigeait l’un des plus puissants empires du monde prenait régulièrement le temps d’écrire.
Il aurait pu écrire pour impressionner ses sujets, glorifier ses victoires ou laisser à la postérité le récit de sa grandeur.
Mais non.
Il écrivait principalement pour lui-même.
Dans ces notes, que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Pensées pour moi-même, il s’interrogeait sur ses défauts, ses émotions, ses responsabilités et la manière de devenir un homme meilleur.
Et ce qui m’a toujours frappé à l’esprit, c’est que ces réflexions n’étaient vraisemblablement pas destinées à être publiées.
Aujourd’hui, près de vingt siècles plus tard, nous vivons dans un monde bien différent.
Nous photographions nos séances de sport. Nous annonçons nos projets avant même de les commencer. Nous partageons les livres que nous lisons, les formations que nous suivons et parfois même les bonnes actions que nous accomplissons. Je plaide coupable comme les autres helas.
Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose. Montrer son parcours peut inspirer d’autres personnes. Et je suis d’ailleurs le premier à partager régulièrement mes réflexions. 😂
Mais je me pose une question.
À quel moment avons-nous commencé à confondre le fait de progresser avec celui de montrer que nous progressons ?
Nous n’avons pas besoin de transformer chaque effort en publication, chaque victoire en annonce ou chaque bonne action en démonstration. Certaines transformations méritent de se produire loin des regards.
Car finalement, ce n’est pas parce que personne ne voit nos progrès qu’ils n’existent pas.
Georges DEFO, le 11-10-2026 à Nairobi