On peut être entouré et mourir de solitude
J’ai remarqué quelque chose.
Beaucoup de gens disent : “Je préfère être seul que mal accompagné.” Et honnêtement comment ne pas les comprendre ? pendant longtemps, je pensais exactement pareil.
Parce qu’il y a des relations qui fatiguent plus qu’elles n’aident.
Des conversations qui vident.Des présences qui oppressent.Des gens qui réussissent à te faire sentir seul même quand ils sont assis juste à côté de toi.
Alors forcément, la solitude finit parfois par ressembler à une forme de paix.
Et avec le temps, beaucoup de gens commencent même à en être fiers.
“I don’t need anybody.” “Je suis mieux seul.” “Les gens fatiguent.”
Moi-même, je l’ai déjà dit.
Mais récemment, en voyant des personnes ultra riches qui s’offrent de la compagnie contre de l’argent ou des associations qui mettent en place des activités d’échange entre les personnes en Ehpad et les touts petits, dont les premiers bénéficiaires sont ces personnes jadis responsables d’équipes, avec des responsabilités pour d’autres, se retrouver « mis au placard » du jour au lendemain. Dois je parler du triste nombre de suicides intervenus pendant cette période triste de confinement pour lutter contre l’épidémie de Coronavirus?
Et si la solitude aussi était dangereuse ?
Pas la solitude choisie.
Pas le fait de vouloir un peu de calme après une longue journée.Pas le besoin de disparaître parfois pour réfléchir.Pas ces moments où tu coupes ton téléphone juste pour respirer un peu.
Je parle de la vraie solitude.
Celle où tu réalises que personne ne t’appelle vraiment.Personne ne te comprend vraiment.Personne ne sait réellement ce que tu traverses.
Cette solitude silencieuse, celle que beaucoup de gens cachent derrière l’humour, le travail, les réseaux sociaux ou même les soirées.
Parce qu’au fond, l’être humain reste un animal social.
On aime faire croire qu’on peut vivre complètement seul, mais biologiquement, psychologiquement et émotionnellement, nous avons besoin des autres.
Pendant des milliers d’années, être rejeté du groupe voulait presque dire mourir.
Notre cerveau a donc été construit pour rechercher l’appartenance. La connexion. La reconnaissance.
C’est d’ailleurs pour ça que certaines humiliations sociales font parfois aussi mal physiquement.
Le rejet touche quelque chose de très profond chez l’être humain. Et honnêtement… je pense que notre époque crée une forme de solitude très étrange.
Nous n’avons jamais été autant connectés. Mais je ne suis pas sûr que nous ayons déjà été aussi seuls.
Des gens parlent toute la journée sans jamais se sentir compris.
Des gens sont en couple mais se sentent émotionnellement abandonnés.
Des gens ont des milliers d’abonnés mais personne à appeler quand tout s’effondre.
Et c’est là que j’ai compris quelque chose.
“Mieux vaut être seul que mal accompagné” est probablement une phrase incomplète. Parce que certaines présences détruisent plus qu’elles ne construisent.
Certaines relations : te diminuent, t’épuisent, te vident lentement, te font perdre confiance en toi.
Donc oui…parfois partir est nécessaire.
Parfois la solitude devient même une étape de reconstruction.
Mais cette solitude est censée être un passage. Pas une destination finale.
Parce qu’un être humain qui ne se sent connecté à personne finit souvent par s’abîmer intérieurement.
Lentement. Silencieusement.
Et le paradoxe le plus violent dans tout ça c’est qu’on peut être extrêmement entouré et profondément seul. Raison pour laquelle je suis reconnaissant d’être entouré de tant de personnes bienveillantes et de ma famille qui me donnent tant d’amour.
Peut-être que le vrai problème n’est donc pas la solitude. Mais peut-être l’absence de connexion sincère.
Parce qu’au fond, C’est le sentiment d’être compris quelque part qui fait que l’éloignement de cet endroit est toujours ressentie comme un bébé qu’on arrache au sein de sa maman en pleine têtée.
Georges DEFO le 09-05-2026 à Lyon