Pourquoi avons-nous peur du silence ?
J’ai remarqué quelque chose.
Dès que beaucoup de gens montent dans leur voiture, la première chose qu’ils font, c’est allumer quelque chose.
La radio.
De la musique.
Un podcast.
Comme si quelques minutes de silence étaient devenues inconfortables.
Et honnêtement… je pense qu’on fait tous ça à différents niveaux.
En ce qui me concerne, c’est même pire.
Je suis incapable de conduire sans musique.
J’ai toujours été convaincu que c’était par habitude ou simplement parce que je voulais forcément écouter le nouvel album ou la nouvelle chanson à la mode.
C’est souvent d’ailleurs le cas… mais pas forcément tout le temps.
Alors pourquoi fait-on ça ?
On veut quelque chose pour remplir l’espace.
Ou remplir le vide occupé par le silence.
Une vidéo, une notification ou tout bruit de fond est le bienvenu à cet effet.
Comme si le silence était un problème à corriger.
Dans la préparation de ce texte, je suis tombé sur cette citation de Rûmî :
“Why are you so afraid of silence,
silence is the root of everything.
If you spiral into its void,
a hundred voices will thunder
messages you long to hear.”
Il part déjà du postulat que nous avons peur du silence et attire notre attention sur le fait que nous devrions faire l’opposé : nous plonger dans cette immensité où des centaines de voix nous foudroient de messages qu’on a hâte d’entendre.
Je suis totalement d’accord avec lui.
Beaucoup de personnes n’aiment pas le silence ou la méditation, car on peut mentir à tout le monde… mais on ne peut pas se mentir à soi-même.
Et dans des moments de doute ou de culpabilité, on craint qu’avec le silence, cette petite voix intérieure commence à résonner assez fort et nous mette face à la vérité.
Face à la réalité.
Celle-là même qu’on essaie souvent de fuir.
Le silence nous oblige à faire face.
Il nous oblige à accepter.
Il peut nous faire regretter.
Il peut nous faire nous remettre en question.
Beaucoup de personnes ayant de grandes responsabilités, avant de prendre des décisions importantes, aiment s’isoler lors de retraites plus ou moins spirituelles afin de faire le vide autour d’elles et prendre les meilleures décisions.
C’est dire la puissance de ce que le silence peut nous apporter une fois qu’on arrête d’en avoir peur.
Apprenons donc à apprivoiser le silence.
Acceptons-le… et faisons-en un atout.
Et si tu es déjà adepte de cette pratique, je veux bien ton retour d’expérience dessus.
Georges DEFO, le 08-05-2026 à Lyon