Pourquoi nos ancêtres avaient-ils inventé la dot ?

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Pourquoi nos ancêtres avaient-ils inventé la dot ?

« La tradition, ce n’est pas conserver les cendres, c’est transmettre le feu. » — Édouard Herriot

Hier, j’ai assisté au mariage d’un ami.

Dans quelques semaines, il prendra pourtant un autre avion. Direction le Cameroun. Pas pour se remarier.

Il est déjà marié. Il y retournera pour célébrer le mariage traditionnel.

Après tout, il aurait pu considérer que tout était déjà réglé. Les papiers sont signés. Les alliances sont échangées. Pourquoi faire encore des milliers de kilomètres ?

Puis cette citation d’Édouard Herriot m’est revenue :

« La tradition, ce n’est pas conserver les cendres, c’est transmettre le feu. »

A quelques occasions, lors d’échanges avec des personnes de ma génération qui vivent en Occident, il y’a ce sentiment de vétusté dans la culture qui est la notre. Certains par exemple estiment que le mariage traditionnel n’est pas une obligation, mais une option. Et c’est donc d’autres personnes telles que mon ami le jeune marié et moi même qui pensons le contraire. La cérémonie de la dot est primordiale, elle fait partie de notre patrimoine.

Le mariage traditionnel n’est pas seulement une cérémonie. C’est une rencontre entre deux familles. C’est la reconnaissance d’une histoire commune qui commence.

C’est un langage que nos ancêtres ont inventé pour dire : « À partir d’aujourd’hui, nous ne sommes plus deux familles étrangères. »

Si mon ami traverse aujourd’hui plusieurs milliers de kilomètres pour vivre ce moment, ce n’est pas parce qu’une loi l’y oblige.

C’est parce qu’il refuse que cette flamme s’éteigne avec sa génération.

Et je crois que c’est précisément ce qui distingue une civilisation vivante d’une civilisation qui s’efface.

Les traditions ne survivent pas parce qu’on les répète mécaniquement.

Elles survivent parce qu’il reste des hommes et des femmes capables d’en comprendre le sens… puis de le transmettre.

Car lorsqu’une génération cesse d’alimenter le feu, il ne reste bientôt plus que des cendres. Et les cendres, aussi nombreuses soient-elles, ne réchauffent plus personne.

Georges DEFO, le 26-07-2026 à Lyon