Tout ne mérite pas de t’atteindre!
Il y a une ancienne camarade de promo que j’ai toujours admirée pour sa force de caractère.
Nous étions en école d’ingénieurs, dans une promo très majoritairement masculine. Et Dieu seul sait à quel point un groupe de garçons peut être con. 😂
Elle, au milieu de tout ça, avançait tranquillement.
On lui avait même trouvé un surnom : « Rousse ». Tu l’as deviné, c’était une rousse.
Je dois avouer qu’au début, j’avais énormément de mal à l’appeler comme ça. Je préférais l’appeler par son prénom.
Culturellement, je n’avais pas grandi avec cette habitude de « me moquer » des filles, même affectueusement. Avec mes potes garçons, aucun problème : on pouvait s’insulter avec beaucoup d’amour. 😂 Mais avec une fille, j’avais toujours cette retenue. Puis j’ai observé sa réaction. « Rousse ! » Elle se retournait. Souriante. Naturelle. Comme si on venait simplement de l’appeler par son prénom.
Et d’ailleurs elle n’hésitait pas à tacler les gars 🤣🤣.
Peut-être que ça ne l’a jamais dérangée. Peut-être qu’elle a fini par s’y habituer. Il faudrait d’ailleurs que je lui pose la question un jour.
Mais avec le recul, je crois que ce qui m’impressionnait chez elle dépassait largement ce surnom.
Elle avait cette capacité à ne pas laisser les autres décider facilement de ce qui devait l’atteindre.
Et c’est une sacrée force. Parce qu’on pense souvent que la force de caractère consiste à répondre, s’imposer, montrer les dents ou remettre immédiatement quelqu’un à sa place. Parfois, elle ressemble exactement à l’inverse.
C’est entendre quelque chose qui aurait pu nous vexer et décider : « Franchement, ça ne mérite même pas mon énergie. »
Attention, je ne dis pas qu’il faut tout accepter sous prétexte d’être fort. Une blague cesse d’être une blague dès lors que celui qui la reçoit en souffre. Et le fait qu’une personne encaisse quelque chose ne nous donne jamais automatiquement le droit de continuer.
Mais j’ai appris quelque chose à son contact :
tout ce que les autres disent de nous n’est pas obligé de devenir un problème pour nous.
Aujourd’hui encore, des années plus tard, je peux l’appeler « Rousse ». Elle répond toujours. Et généralement avec le même sourire.
Je ne sais pas si elle réalise que derrière ce petit surnom que nous utilisons depuis toutes ces années, il y a une qualité chez elle que j’ai toujours profondément respectée.
Cette capacité à choisir ses combats. Et surtout, à ne pas offrir gratuitement aux autres le pouvoir de gâcher sa journée.
D’ailleurs je profite de ce texte pour lui souhaiter encore une fois une très long et heureux mariage avec son chéri de longue date.
Soyez comme Rousse!!
Georges DEFO, le 21-08-2026 à Lyon