Ceux qui réussissent devraient parfois parler plus fort
On se plaint souvent de la place que nous n’avons pas.
Pas assez de Noirs dans les lieux de décision.
Pas assez d’Africains dans les grandes discussions.
Pas assez de modèles sérieux pour montrer à nos enfants qu’ils peuvent rêver plus grand.
Et pourtant, il y a une chose qu’on dit moins.
Beaucoup de ceux qui ont réussi se cachent.
Des ingénieurs brillants.
Des médecins respectés.
Des entrepreneurs solides.
Des chercheurs, des cadres, des créateurs, des bâtisseurs.
Des gens qui ont fait des choses extraordinaires, mais qui restent silencieux. Par pudeur. Par prudence. Par éducation aussi.
Parce que nos parents nous ont souvent appris qu’il fallait vivre caché. Ne pas trop parler de soi. Ne pas trop montrer ce qu’on construit. Ne pas attirer la jalousie. Ne pas donner l’impression qu’on se vante.
Et je comprends cela.
Mais pendant que ceux qui construisent en silence se taisent, d’autres occupent l’espace. Souvent, ce sont les figures du divertissement qui deviennent les seuls modèles visibles. Les enfants voient ceux qui chantent, ceux qui dansent, ceux qui font rire, ceux qui créent le buzz.
Et ils peuvent finir par croire que la réussite noire ne se trouve que là.
Alors peut-être qu’il faut repenser notre silence.
Parler de son parcours, ce n’est pas forcément se montrer.
Parfois, c’est ouvrir une fenêtre.
C’est permettre à un jeune de se dire :
“Ah, donc quelqu’un comme moi peut aussi devenir ça.”
Tout le monde n’a pas besoin d’être influenceur.
Mais certains doivent accepter de devenir visibles.
Parce qu’une réussite qu’on cache trop longtemps finit parfois par ne transmettre à personne.
Et si nous voulons que nos enfants rêvent plus grand, il faut peut-être que ceux qui ont ouvert certaines portes arrêtent de faire comme s’ils n’étaient jamais passés par là.
Georges DEFO, le 12-08-206 à Lyon