Et si certaines choses devaient mourir avec nous ?

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Et si certaines choses devaient mourir avec nous ?

Enfant, nous ne choisissons pratiquement rien de notre logiciel initial. Nos parents nous transmettent une langue, une vision de la famille, de l’argent, du couple, de la réussite, de Dieu, des autres communautés. Et parfois, dans ce paquet, arrivent aussi le tribalisme, le racisme, la xénophobie, le mépris de certaines classes sociales, la banalisation de la corruption ou de la violence.

Je ne juge pas forcément ces parents car certains d'entre eux n'ont fait qu'hériter tout simplement ce paquet dont je parlais plus tôt. Neanmoins, le plus intéressant, c’est que deux enfants élevés dans le même environnement peuvent devenir des adultes radicalement différents, malgré le fait qu'ils aient reçu tous deux le même paquet au départ.

Qu’est-ce qui fait la différence ?

Souvent, il y a d’abord la confrontation à l’autre. Quitter son quartier, son pays ou simplement son cercle social permet de rencontrer personnellement ceux qu’on nous avait appris à mépriser. Les personnes dont on parlait avec mépris et dont au fond on ne sait rien du tout. Un peu comme moi d'il y a 5 ans qui avait une idée totalement éronnée et pas flatteuse du Kenya et de ses habitants.

Il y a ensuite l’expérience de la contradiction. On découvre une personne admirable appartenant au groupe qu’on nous avait appris à mépriser. Ou, inversement, quelqu’un de notre propre groupe agit contrairement aux valeurs qu’on lui attribuait. Notre cerveau doit alors choisir : protéger la croyance héritée ou accepter la réalité. Comme le fait qu'au Cameroun par exemple, certaines tribus aiment attribuer certains comportements de manière exclusive à d'autres tribus. On peut se rendre compte aisement que même si parfois, de façon générale ce n'est pas toujours faux, ce n'est pas non plus un gage de vertu pour les autres tribus ou un argument de supériorité car les tares sont l'apparat de tout le monde.

Mais il faut surtout quelque chose de plus difficile : accepter que nos parents aient pu nous aimer profondément et néanmoins se tromper.

Remettre en question son éducation ne signifie pas rejeter ses parents. Devenir adulte, c’est peut-être justement faire l’inventaire de son héritage :

Qu’est-ce que je garde ? Qu’est-ce que j’améliore ? Et qu’est-ce qui doit absolument s’arrêter avec moi ?

Parce qu’à un certain âge, dire « c’est comme ça qu’on m’a élevé » n’explique plus tout. Ça devient parfois une excuse. Nos parents sont responsables de ce qu’ils ont déposé en nous.

Mais nous finissons par devenir responsables de ce que nous choisissons de transmettre après eux.

Georges DEFO, le 13-08-2026 à Lyon