Faire des vagues pour ceux qui viendront après

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Faire des vagues pour ceux qui viendront après

Un jeune officier noir doit partager sa chambre avec un officier blanc.

Problème : ce dernier ne veut visiblement pas de lui dans la chambre. Et derrière son comportement se cachent des relents racistes assez difficiles à ignorer.

Le jeune officier refuse de partir.

Ce qui m’intéresse dans cette histoire, c’est la réaction des autres.

Des sous-officiers de la même nationalité que lui lui proposent une solution :

« Viens dormir avec nous. »

En apparence, c’est bienveillant.

Ils veulent l’aider. Éviter le conflit. Ne pas faire de vagues.

Sauf qu’en réalité, qui fait-on partir ?

Pas celui qui pose problème.

Celui qui le subit.

Et c’est un comportement que nous avons parfois intégré.

Face à une injustice, nous demandons souvent à la personne lésée d’être raisonnable.

« Laisse tomber. »

« Ce n’est pas si grave. »

« Fais-le pour avoir la paix. »

« Tu sais comment ils sont. »

Toutes ces phrases recherchent la même chose : la tranquillité immédiate.

Et je peux comprendre cette réaction. Tout le monde n’a pas envie de mener des combats chaque matin.

Mais il existe un problème.

Chaque fois que quelqu’un accepte une injustice pour « ne pas faire de vagues », il peut involontairement contribuer à en faire une norme.

Si cet officier quitte cette chambre aujourd’hui, que se passera-t-il avec le prochain officier noir ?

Puis celui d’après ?

C’est peut-être là que nous oublions quelque chose d’essentiel.

Certains combats que nous menons ne sont pas seulement pour nous.

Rosa Parks aurait pu se lever.

D’autres lui avaient probablement conseillé, toute sa vie, d’éviter les problèmes.

Mais quelqu’un devait, un jour, rester assis.

Nous bénéficions aujourd’hui de droits parce qu’avant nous, des personnes ont accepté d’être considérées comme gênantes, difficiles, insolentes ou problématiques.

Alors non, il ne faut pas transformer chaque désaccord en croisade.

Il faut savoir choisir ses combats.

Mais lorsque notre dignité ou celle des autres est réellement en jeu, céder n’est pas toujours synonyme de sagesse.

Parfois, faire des vagues aujourd’hui permet simplement à ceux qui viendront demain de naviguer sur une eau plus calme.

Georges DEFO, le 22-08-2026 à Poisy

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