Faut-il raconter nos échecs à nos enfants ?
Nos enfants nous rencontrent souvent dans une version déjà bien avancée de notre vie. Ils voient le métier, certaines réussites, l’assurance avec laquelle nous leur donnons des conseils. Mais ils ne voient pas forcément toutes les erreurs qui nous ont permis d’arriver jusque-là.
Les mauvaises décisions. Les projets ratés. Les refus. Les fois où nous avons abandonné. Les moments où, contrairement à ce qu’ils pourraient imaginer, nous n’avions absolument aucune idée de ce que nous faisions. Parfois même ils nous voient et ne se rendent pas compte que nous savons pas ce que nous faisons. C'est souvent les cas des premiers nés. Et parfois, en voulant les protéger, nous leur cachons tout cela.
Mais est-ce vraiment leur rendre service ?
Je pense de plus en plus que raconter certains de nos échecs à nos enfants peut être une forme de transmission. Pas pour banaliser l’échec, mais pour leur montrer qu’on peut tomber, apprendre, corriger et continuer.
Évidemment, tout n’est pas bon à raconter. Nos enfants ne sont pas nos thérapeutes et certaines blessures d’adultes n’ont pas à devenir leurs fardeaux.
Mais peut-être devrions-nous leur dire que les regrets nous accablent car nous n'avons pas eu le courage de prendre certains risques? Peut-etre qu'aujourdhui nous n'avons pas d'épargne en cas de coup dur car nous avons passé le temps à dépenser dans des produits non essentiels, peut-etre que nous n'arrivons pas à aller au moins une fois par an en vacances car nous n'avons pas eu le courage de faire cette reconversion qui nous aurait assuré de meilleurs revenus?
Ce ne sont que des exemples parmi tant d'autres. Et bien que le fait de le leur dire ne garantit pas le fait qu'ils ne fassent pas à leur tour la même erreur, je pense que s'il y a une once de chance que cette discussion porte se fruits plusieurs années plus tard, on ne devrait pas hésiter un seul instant.
Après tout, l’un des plus beaux héritages que nous pouvons leur laisser n’est peut-être pas seulement le récit de nos réussites…mais aussi le mode d’emploi de nos échecs.
Georges DEFO, le 10-10-2026 à Lyon